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vendredi, 05 août 2005

Célibat ou mariage : des ennuis ?

celibat ou mariage le celibataire nouveau ? réussir son celibat et faire des rencontresOn estime à 14 millions le nombre de personnes vivant seules en France. Si l’on en croit le dernier salon consacré aux célibataires - Céliberté -, le célibat est un nouvel art de vivre et les « solos » ne sont pas des âmes en peine.

Par rapport au mariage, pas si sûr qu’il continue de « se définir en creux ».

D’ailleurs l’histoire du célibat n’est pas celle que l’on croit. Il est impossible d’identifier le moine, la courtisane, le libertin, la vieille fille. Jean-Claude Bologne, grand historien et spécialiste de ces histoires auxiliaires et comportementales (2) qui font tout le raffinement de la grande, nous conte dans un nouvel opus celle des célibataires (3), depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

Dès le Ier siècle avant notre ère, Roxane et Stateira, soeurs de Mithridate, roi de Pont, vivent en célibataires, préférant la liberté que leur offre leur frère à la servitude d’éventuels maris étrangers. En bon talmudiste, le rabbin Ben Azzaï prêche le mariage mais vit comme un célibataire. Quant aux Grecs, ils inventent littéralement une « philosophie du célibat » : le bonheur se construit entre hommes, sur l’agora, et le mariage est un devoir pénible. Socrate préfère « l’engendrement dans l’âme » plutôt que dans le corps. Même les dieux olympiens perdent le goût de la famille. Si ceux de la première génération sont en couple - Zeus et Héra, Poséidon et Amphitrite, Hadès et Perséphone -, ceux de la deuxième génération s’en donnent à coeur joie, en matière d’aventures amoureuses illégitimes et de production de « bâtards » (Éros, Antéros, Priape...).

À l’époque d’Auguste, le nombre de célibataires inquiète le gouvernement. Rome, avec les lois Julia et Papia-Poppaea, promulgue des mesures à l’encontre des célibataires.

Ces derniers seront taxés et les pères de familles récompensés à partir de trois enfants.

Mais tout va changer avec l’arrivée d’un « nouveau célibataire », Jésus de Nazareth. Pour l’historien Jean-Claude Bologne, l’enseignement du Christ est celui d’un célibataire s’adressant à d’autres célibataires qui ont délaissé leurs femmes pour lui. Certes, il y a des femmes autour de Jésus - Marie de Magdala étant la plus connue -, mais celles-ci n’interviennent ni « dans la prédication, ni dans l’organisation spirituelle et encore moins dans la vie sentimentale du Christ et de ses apôtres ». Jésus n’est pas hostile au mariage mais les valeureux sont célibataires. Caelibatus ne signifie-t-il pas à la fois célibat (de caelebs) et vie céleste (de caelum) ? Saint Paul, dans l’épître aux Corinthiens, persiste et signe : « Je vous le dis, frères : le temps se fait court. Que désormais ceux qui ont femme vivent comme s’ils n’en avaient pas. » La « conscience chrétienne » aurait donc inversé la hiérarchie traditionnelle entre « mariage, continence et chasteté » ? Très certainement, même si l’on ne peut manquer de mentionner la réhabilitation par saint Augustin du mariage réunissant les trois biens que sont la fécondité, la fidélité et la dimension sacramentelle.

Du XIIe au XVIe siècle, le célibat ecclésiastique médiéval connaît ses heures de gloire. Force est de reconnaître qu’aujourd’hui l’idée de célibat fait moins d’adeptes, même chez les clercs : cette idée, « née à une époque où la virginité et la chasteté étaient fortement valorisées », ne séduit plus, notamment depuis que la « théorie psychanalytique du refoulement » et la « révolution sexuelle » ont inversé la hiérarchie des valeurs, du moins rendu équivalents les modes de vie.

Jean-Claude Bologne nous parle également du célibat féminin. De Jeanne d’Arc à Isadora Duncan, en passant par les précieuses entourées de leurs galants, Colette ou encore Gabrielle Chanel, c’est moins le célibat que le divorce qui va accompagner l’émancipation des femmes.

Mais le célibat, c’est aussi l’histoire des métiers du célibat : que ce soit l’érudit, l’artiste, le soldat. tous préfèrent la solitude à l’oeil désapprobateur et scrutateur d’une Xanthippe insatisfaite.

Fin XIXe siècle, c’est l’époque elle-même qui se voit taxée de « célibataire ». La « fin de siècle est pessimiste » : se marier, faire des enfants, cela demande un minimum de confiance dans l’avenir, et la défaite de 1871 n’aide pas les célibataires à retrouver leur pétulance.

La bonne nouvelle ? Vu que « les hommes se mettent en couple plus tard (à trente ans et demi, contre vingt-huit ans et demi chez les femmes), il y a statistiquement plus d’hommes célibataires ! »

(1) Sacha Guitry.

(2) Jean-Claude Bologne a publié Histoire de la pudeur (1986), Histoire du mariage en Occident (1995), Histoire du sentiment amoureux (1998), chez Fayard.

(3) Histoire du célibat et des célibataires, Fayard, 2004.

(Source : L'humanité)

 

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10:53 Écrit par Arnaud, Le blog mariage dans Actualité mariage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Mariage | | |  Facebook

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